La Conservation Communautaire est un concept qui veut que la gestion, l’élaboration des stratégies et la mise en oeuvre du plan de gestion des ressources naturelles du pays se fasse avec l’implication des membres des communautés locales qui en sont les premiers conservateurs et bénéficiaires.
Historique
La Conservation Communautaire tire son origine dans l’utilisation abusive de la biodiversité des aires protégées et la dégradation accélérée de leurs écosystèmes. Depuis des millénaires, la diversité biologique constitue la base des ressources génétiques et la source première des aliments, produits médicaux et autres matériaux utilitaires. Etant donné que sa protection a été décidée unilatéralement sans l'implication des premiers bénéficiaires, les réactions de destruction se sont multipliées et les conflits de légitimité se sont vite installés. C’est ainsi qu’on a mis en place cette stratégie pour instaurer la paix et assurer une utilisation durable des ressources pour ne pas pénaliser les générations futures.
Ainsi donc, la gestion participative et l'appui au développement des populations locales constituent-elles les principales articulations de cette nouvelle branche de la stratégie de conservation de la biodiversité.
La conservation communautaire bien appliquée est censée réduire sensiblement la pression humaine sur les ressources des Aires Protégées et contribuer, tant soit peu, au processus du développement des populations riveraines à ces aires.
Ses divers axes d’activités, tels notamment, l’éducation environnementale, la concertation, le dialogue permanent, l’initiation des micro-projets de développement, concourent justement à cette fin en ce qu’ils visent à créer un climat de confiance entre Aires Protégées et communautés pour leur participation à la gestion des ressources naturelles contenues dans les Aps dont elles peuvent directement ou indirectement tirer profit et, à relever leur niveau de vie.
La conservation communautaire vise aussi l’implication de l’administration publique dans la protection des Aires Protégées.
Stratégies
l’ICCN attend l’étendre à toutes ses Aires Protégées. Cependant, suite aux limitations conjoncturelles actuelles, la conservation communautaire n’est effective, avec le concours des partenaires, qu’au niveau de trois sites : le Parc National des Virunga (Pnvi), le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) et à la Réserve de Faune à Okapi (RFO). Ces sites sont sous forte pression humaine.
Au Parc National des Virunga, le Programme d’Education Environnementale des Virunga, en abrégé PEVI, qui reçoit appui du WWF-CH qui travaille depuis plus d’une dizaine d’années dans divers domaines :reboisement, sensibilisation, promotion des cultures maraîchères, aménagement d’infrastructures socio-économiques, etc…
Des importants coûts financiers et humains investis dans ce programme ont porté des fruits. On a enregistré des résultats encourageants : les populations riveraines produisent de bois pour la construction et la fabrication de braise ce qui a réduit la pression sur le bois du PNVi, elle a augmenté sa production maraîchère, plusieurs association des jeunes acquises à la conservation de la nature ont vu jour.
La plus spectaculaire de ces résultats est sans nul doute la participation très récente, dans ce contexte de guerre, de la population dans la réactualisation des limites du PNVi, opération dénommée délimitation participative.
Au Parc National de Kahuzi Biega, le programme de conservation communautaire fonctionne voici bientôt plus de 10 ans. Financé par la GTZ, il a été très actif dans la sensibilisation (émissions radio), l’aménagement d’infrastructure socio-économique (Construction et équipements d’écoles, adduction d’eau, aménagement des sources d’eaux, réhabilitation des pistes de déserte agricole), réalisation d’études socio-économiques.
Les données récoltées dans le cadre de ces études sont stockées dans une base des données dont l’exploitation pour des interventions en faveur des populations attend la normalisation des conditions dans le pays.
A la Réserve de Faune Okapi, le WCS appui des études pour un programme de zonage qui puisse répondre au besoin de la conservation d’une part et, de l’utilisation rationnelle et durable des ressources naturelles de la Réserve d’autre part. Ce zonage couplé aux interventions déjà amorcées par le GIC dans ce cadre, notamment la promotion de la pratique de l’agroforestérie, prépare la mise en place d’un programme plus élaboré et cohérent en faveur des populations riveraines à la RFO.
L’ICCN attend généraliser la conservation communautaire à ses APs. C’est dans cette optique qu’il s’est tenu, sous les auspices du projet WWF/UNESCO/DRC, un séminaire-atelier à Beni en juillet 2002 en vue de jeter les fondements pratiques de cette stratégie en identifiant justement les besoins liés à l’exécution de ce type de conservation.
Au cours de ce séminaire-atelier, les responsables de différents sites du Patrimoine Mondial ont identifié et budgétisé les besoins prioritaires en rapport avec le conservation communautaire.
La Direction Générale de l'ICCN s'emploi à développer davantage ce secteur. Des nouvelles stratégies de gestion des ressources naturelles ce sont avérées nécessaires pour assurer la transition de la conservation et de la protection intégrale vers un autre scénario de gestion participative et intégrée des ressources naturelles plus optimiste et durable. L’un des objectifs de cette nouvelle stratégie sera la réduction de la pauvreté grâce à l’implication des communautés locales au droit d’usage des ressources naturelles des Aires protégées (APs).
L’autre objectif important sera aussi la réduction des diverses pressions sur la biodiversité. Ainsi, la meilleure approche que la DG/ICCN est appelée à adopter pour atteindre ces différents objectifs stratégiques à travers tous les Sites sera de sensibiliser, éduquer, informer, et responsabiliser les communautés locales en vue de parvenir rapidement au changement de comportement. Il y a lieu de signaler ici que tous les sites n’ont pas réalisé les activités liées à la conservation communautaire, raison pour laquelle nous donnons seulement les résultats venant des sites ayant accompli leur tache.
Activités réalisées
L’année 2OO6 était essentiellement consacrée à la DG/ICCN à l’élaboration de la Stratégie Nationale de la Conservation Communautaire Participative et du Plan d’Action et de sa mise en oeuvre.
En rapport aux objectifs stratégiques définis dans le Plan Opérationnel 2OO6, les activités réalisées dans les quelques sites ci-après : RFO, PNVI et Parc National de la Maiko, étaient principalement : réunions de sensibilisation, suivi des mouvements migratoires de la population, appuis aux communautés locales, lobbying, gestion des conflits et projection des films.
Résultats atteints
A la Direction Générale de l'Institut Congolais pour la Conservation Nature, les actions prioritaires prévues ont été réalisées avec comme résultat la finition des deux Drafts : Stratégie Nationale de la Conservation Communautaire et Plan d’Action et de sa mise en œuvre.
Dans les trois Sites susmentionnés où les activités ont été programmées, les résultats ci-après étaient atteints : l’amélioration de la gestion et de flux migratoire, la sensibilisation de plus de 3.16O personnes dont 1.925 hommes et 1.235 femmes, la fin du braconnage fait par des militaires, la fin de culture dans les secteurs de Kibirizi et Kabasha, la réduction des activités de carbonisation, plus de six écoles et deux églises contactées et sensibilisées, participation dans une réunion de sécurité, production d’un rapport de stage et animation d’une conférence à l’Université de Butembo.
Impact sur la gestion
Les résultats positifs réalisés permettent l’ajustement des mécanismes de gestion des sites sur base de nouvelles données d’appréciation de la situation sécuritaire sensiblement modifiée.
Mais les observations sur terrain incitent à craindre l’impact négatif pour les jours à venir sera : l’augmentation de l’implication de plusieurs organismes et ONG dans la gestion des forets communautaires avec intention, soit disant, d’appuyer les communautés locales dans leur droit. Ces différentes interventions ont la tendance de révolter les populations locales contre les intérêts de la conservation. En plus de cette crainte, on observe aussi l’incidence croissante des conflits liés à la gestion des ressources naturelles partout
Les défis
En général, on doit parvenir à impliquer les populations locales dans la gestion des ressources naturelles à travers toutes les aires protégées. En outre, la pression sur ces ressources naturelles doit être réduite au maximum.
Les Contraintes
Les contraintes sont de l’ordre budgétaire et surtout sécuritaire. On doit organiser des rencontres et la formation des comités locaux de développement avec la participation de toutes les couches des populations locales. Ces activités demandent des fonds consistants et permanents pour leur réalisation.
Les Perspectives d’avenir
Meilleure gestion des aires protégées grâce à l’implication ordonnée et coordonnée des communautés locales.